Cet espace est ouvert à tous ceux qui désirent partager leurs ''petites joies''. Certains ont envie d' évoquer le temps de Pentecôte ou de Pâques ou Noël, d'autres préfèrent parler de leur post-confinement, les uns aimeraient juste déposer une photo, un message, les autres pensent plutôt offrir une prière, un chant ou un poème... Qui que vous soyez, fidèles parmi les fidèles ou paroissiens occasionnels, n'hésitez surtout pas : cette rubrique vous appartient!
L'adresse électronique communication@paroisse-pessac est ouverte à tous vos mails (pas trop longs, s'il vous plait...) en indiquant en objet ''Partageons nos petites joies''. Vos envois pourront être ensuite publiés sur ce site en préservant votre identité (merci de l'indiquer si tel est le cas)


☛ L’automne par Emmanuelle Duville
Il pleut les larmes de l’automne
Les feuilles rougissent comme le soleil
Au levant du dernier matin
De l’été qui s’enfuit déjà

Eté trop vite disparu
Eté fleuri de mes chansons
Pour toi écrites au doux parfum
D’herbe et de blé juste coupés

Sous mes pas crissent les feuilles
Passent les grues à l’horizon
Voici l’automne de mes peurs
Tombant dans un tourbillon ocre
De feuilles échappées du vieux chêne
Et de la foret de mes songes

Les saisons passent avec les ans
S’enracinent les souvenirs
Au plus profond de tout mon être

Je suis le fruit de mon histoire
Ce fruit muri au fil du temps
Par mes joies et aussi mes peines

Je ne suis plus le fruit d’antan
Mais je suis celui du présent
Et je serai demain celui
En devenir de tous mes choix

La ronde des saisons m’entraine
Et je danse pour toi Liberté
Depuis le printemps de mes ans
Jusqu’à l’hiver de mon voyage


Fête de rentrée du secteur pastoral - Pessac - 19 septembre 2021


☛ Gronde mon coeur
Gronde mon cœur sous la pluie
Tonne l'orage à l'horizon
Brûle mon corps tout entier
Dans l'embrasement des éclairs

Je suis colère dans la moiteur
Du vent qui monte du brasier
De cet air chaud d'un jour d'été

Colère de tant d'amour gâché
parce qu'on est passé sans le voir

Amour perdu ou ignoré
Par trop d'enfants désespérés
Enfants du monde à la recherche
Du temps perdu trop vite passé
Dans la pénombre d'un bonheur
Emprunt d'une illusion dorée

L'amour est ma « madeleine »de Proust
Celle que je goûtais lorsqu'enfant
Elle était mon pain quotidien
En aurais je oublié les saveurs
Dans le brouillard de mon ego
Alors que brûlait le soleil
Au dedans de mon cœur avide ?

Avide de retrouver l'amour
Qui nous habite au premier jour
Si puissant qu'il nous rend aveugle
De l'évidence de sa présence
Alors on préfère l'oublier
De peur qu'en nous il se consume
Lui qui est notre feu sacré !

Ma colère je l'ai apaisée
Dans les yeux de tous ces enfants
En quête du temps retrouvé
et de l'amour de leurs parents
Celui de ma « madeleine » de Proust !

Je veux que tout le monde y goûte
Et retrouve ces saveurs d'antan
D'une enfance perdue à jamais

Osons l'aventure de l'amour
Partons faire un tour du coté
De chez Swann ou bien d'Albertine 
Pour y cueillir les fleurs d'été
Des sourires du printemps germés

Il est l'heure du temps retrouvé
De l'arche perdue revenue
De l'ombre devenue lumière

☛ La valse des triolets
De ton en ton sautent les notes
Valsent les triolets de croches
Dans une course trépidante
Surgit le quadrille des quadruples
S'accrochant aux portées sauvages

Libres du temps et du sort
Elles courent vers la mesure finale
Lorsqu'envoûtantes elles nous transportent
De tons voisins en tons voisins

J'entends le souffle des soupirs
Ponctuant la partition de silences
Et quand après l'accord parfait
Le silence tombe dans l'oubli
Le concert s'exécute à nouveau
Applaudissements du public
Encouragements des esthètes
Le sort jeté par la musique
Aura franchi le mur du son
Par delà la double mesure

Muets dans un sourire figé
D'avoir perçu la perfection
Les mélomanes ont rendez vous
Compositeurs à temps perdus
Ils écrivent la partition
D'un concerto ou le bonheur
Et la frénésie du plaisir
Mêlent leur soif d'absolu
A l'unisson dans un point d'orgue

☛ Dame Nature
Dame Nature
Tu es en moi

Dame Nature
Je suis en toi
En pure symbiose nous confondons
Ces molécules qui nous composent
Et quand mon corps sera poussière
À son tour il te nourrira
Toi qui sans fin m'aura nourri

Dame Nature
En toi mon esprit est vivant
Le vent le porte et le transporte
Outre les frontières de la terre
Outre les frontières du temps
Vers ceux qui sont ou ne sont plus

Dame Nature
Apprends moi à te lire à t'écouter à te comprendre
Afin que la symbiose subsiste
Sans que l'un domine sur l'autre

Dame Nature
Je veux te regarder
te voir comme ma bien aimée
Toi qui me portes dans ton sein
Toi la mère l'épouse et la sœur

Dame Nature
Tu es moi

Dame Nature
Je suis toi

Dame Nature
Tu es
Dame Nature
Je suis

Nous sommes le 1 de l'alphabet
Trinité du toi moi et du nous
Qui unit les êtres vivants
Du passé présent et futur
Dans une nuée éternelle

Dame
Et
Nature

☛ GOIZEKO IZARRA
Ce matin une étoile m'a sortie de mes songes...
D'un regard la suivis...d'un regard je m'enfuis !
J'atterris au milieu d'un océan de rêves
Un jardin de bleuets et de verts nénuphars

Le sifflement aigu des oiseaux dans les branches
Faisait vibrer en moi les cordes de ma voix
Au point qu'il en naquit un chant étrange et doux
Esquissant au devant une portée fugace
De notes sautillantes au crayon dessinées

Devant moi s'enfuyaient dans une course folle
Les vallons arrondis accrochés aux nuages
Vainement je tentais d'en saisir la courbe
Jamais ne l'attrapais ni même l'effleurais...

Je survolais légère ces paysages aimés
D'une enfance aux saveurs de miel et chocolat
Les parfums exaltés par les fleurs butinées
Chatouillaient mes narines comme au premier matin
Et mes papilles avides de savourer déjà
Un délicat nectar par les abeilles offert
Eveillaient tous mes sens...au point de m'éveiller !

Goizeko Izarra Etoile du matin
A l'aurore tu t'estompes quand parait le soleil
En rêves Je t'ai suivie maintenant je te vois
Je te souris toi qui par la nuit emportée
A ravivé la flamme de mon imaginaire
Imagier façonné des souvenirs heureux

Goizeko Izarra Etoile de ma vie
De toi fis ma demeure
En toi je fis mon nid.

Goizeko Izarra Etoile du matin
De chacun de mes jours tu fais briller l'étoile.

   par Emmanuelle Duville


Élégies d'été

☛ Le pèlerin Patrick Lestienne
Il marche, il avance, il progresse sur les montagnes et sous le soleil.
Ses pieds lui rappellent qu'il se dirige vers le but qu'il s'est donné : La guérison.
Le pèlerin tente de se délivrer du mal physique ou moral par l'effort, le dénuement, la méditation et l'espérance.
Au cours de son périple, il croise des lieux et des hommes nouveaux.
Leurs expériences de vie et leurs rêves sont parfois échangés. Ils refont le monde en partageant un morceau de pain.
De retour dans sa demeure, il se sait changé, mais il ne sait pas pourquoi.
Il n'a pas trouvé la clef des mystères qui l'entourent.
Mais il sait à présent ; Comment Il s'est dépassé, Comment il a partagé, Comment il a prié,
Comment il a admiré.
Cet homme ne voit plus le monde comme avant.
Il comprend enfin que c'est lui-même le mystère de la création.
Il contribue à chaque acte qu'il accomplit à transformer cette œuvre.
Cet homme a la responsabilité d'apporter maintenant
Sa pierre à l'édifice invisible dont il ne percevait que les contours.
Une voix lui dit : "Rencontres improbables au-delà du regard animé par le cœur,
Rencontres avec toi-même au-delà de ta souffrance.
Rencontres avec nature, beauté sans pareils
[c'est la beauté qui est sans pareille ? ou nature et beauté sans pareilles ou rencontres sans pareilles ?].
Rencontre avec Dieu et sa tendre grandeur,
Que cet orgue en cette cathédrale ne cesse de clamer la force de la vie, et de lui rendre grâce".

☛ L'été Emmanuelle Duville
Doux crépuscule à l'aube de la nuit.
Le soir est bleu comme l'écume luit
Brodé d'étoiles aux reflets poudrés d'or.
Guide céleste des bateaux vers le port

Gronde l'orage dans le gris du lointain.
Eclairs brisant les horizons marins
Tombe la pluie dans la moite chaleur.
D'un soir d'été sur les prairies en fleurs

Petit matin tapissé de rosée,
Tendre fraicheur de la brise levée
Flottent les perles d'un doux soleil naissant.
Quand vient l'aurore d'un jour bientôt brûlant

De ses rayons ardents couleur des blés.
L'astre de feu embrase les vallées
Puis tout de pourpre se vêt le firmament.
Lorsque là-haut paraît le blanc croissant

Danse le feu le soir de la Saint Jean.
Chantent les rires dans les flammes du temps
Passent les jours au rythme des saisons.
Voici l'été de toutes les moissons

Cueillons les fruits mûrs aux parfums de fleurs.
Marchons sur les routes aux mille saveurs
Jonchées de pétales de printemps tombés.
Souvenirs perdus du temps retrouvé

De l'été qui ne passe jamais ne me lasse.
Des oiseaux rêveurs aux amours fugaces
A ce trémolo qui remplit mon cœur
je me rassasie d'instants de bonheur

La moisson est faite.
L'été est parti.
Le souvenir reste,
le bonheur aussi.

Prière pour l'été   Proposée par Anne Roumec
Seigneur, notre Dieu,
Veille sur ceux qui prennent la route :
Qu'ils arrivent sans encombre au terme de leur voyage.
Que ce temps de vacances soit pour nous tous
Un moment de détente, de repose, de paix !
Sois pour nous, Seigneur,
L'ami que nous retrouvons sur nos routes,
Qui nous accompagne et nous guide.
Donne-nous la joie simple et vraie
De nous trouver en famille et entre amis.
Donne-nous d'accueillir ceux que nous rencontrerons
Pour leur donner un peu d'ombre
Quand le soleil brûle trop,
Pour leur ouvrir notre porte
Quand la pluie et l'orage les surprennent,
Pour partager notre pain et notre amitié
Quand ils se trouvent seuls et désemparés.
Seigneur, notre Dieu, veille encore sur nous
Quand nous reprendrons le chemin du retour :
Que nous ayons la joie de nous retrouver
Pour vivre ensemble une nouvelle année,
Nouvelle étape sur la route du salut.


☛ Le jardin de mes émotions par Emmanuelle Duville
J'ai fini par me perdre
Me perdre malgré moi
Dans ce jardin hirsute
Sans allée bien tracée

Généralement secret
A l'abri des regards
Peu connu ou seulement
De quelques initiés

Rarement partagé
Par peur du jugement
Des incompréhensions
De ceux qui croient aimer

Jamais le mot n'atteint
L'étendue de son sens
Et je reste en suspens
D'en exprimer la moelle

Entre toi qui m'écoutes
Et moi qui te raconte
Il y aura toujours
L'intraduisible sens

Du jardin de mon âme
Et de mes émotions
Tsunami intérieur
Volcan de mes pensées

Il dévaste mes proches
Et lointains horizons
Je lutte et me débats
Mais finalement me noie

Tu es la devant moi
Radeau insubmersible
Et je te tends la main
Je te la donne... Elle est à toi...


Un témoignage de chrétiens d'orient

Bonjour tout le monde,
Je m’appelle Christiane, je suis libanaise, mariée à un français et je vis en France depuis 2010.
Je suis chrétienne maronite.

Le mot maronite vient de Saint Maron, Maroun en arabe. Saint Maron a vécu en Syrie où les premières communautés maronites se sont formées au début du 5 e siècle. Les maronites sont en pleine communion avec le Saint- Siège, c.-à-d. avec le pape.
L’Eglise maronite est une église catholique, antiochienne de tradition.

Aujourd’hui, les chrétiens représentent moins que la moitié de la population du Liban, soit environ 37%. Ces chrétiens se composent en majorité de maronites, mais également de l’Eglise Orthodoxe d’Antioche, de l’Eglise Grecque Catholique Melkite, de l’Eglise Arménienne, ainsi que de petites communautés telles que les Eglises Syriaques Catholiques et Orthodoxes, les Protestants, l’Eglise Latine, l’Eglise Chaldéenne et l’Eglise Apostolique Assyrienne de l’Orient. Et ce n’est pas pour rien qu’en septembre 1989, le Pape Jean-Paul 2 dit que le Liban est plus qu’un pays : c’est un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l’Orient comme pour l’Occident.

Contrairement à l’Eglise Catholique Latine, l’Eglise Maronite tolère l’ordination d’hommes mariés. Chez les maronites, le baptême et la confirmation sont donnés ensemble dans la même célébration. Mes deux enfants, Jad et Joy ont été baptisés et confirmés le même jour à l’église maronite au Liban.
Nous avons trois saints et deux bienheureux maronites libanais, dont Saint Charbel qui est le Saint le plus populaire au Liban, il aurait fait plus de 29 000 miracles.
La messe maronite est célébrée en partie en araméen, surtout la Consécration qui est dite le plus souvent dans la langue de Jésus. Dans les traditions pascales, la messe célébrée le Jeudi Saint marque également la commémoration du rite du lavement des pieds pendant lequel le prêtre reprend le geste de Jésus qui s’est abaissé pour laver les pieds de ses disciples.
A la fin de la messe, le Saint-Sacrement est porté en procession, au reposoir où il est déposé dans un tabernacle que l’on tient fermé jusqu’à vendredi Saint. Les fidèles visitent ensuite sept églises méditant les étapes du procès du Christ et de sa Passion.
Le vendredi Saint, les processions à ciel ouvert essaiment un peu partout en souvenir de la Passion du Christ et c’est un jour férié pour que tous les chrétiens puissent y participer.
Il ne faut pas oublier les cloches qui commencent à carillonner samedi vers 23h pour la messe de minuit chez les maronites et les cloches qui carillonnent à partir de 4h dimanche matin, dans les églises grecques orthodoxes et grecques catholiques pour la messe de la résurrection.

Malheureusement, aujourd’hui, le Liban vit une crise financière économique sans précèdent. L’inflation explose, plongeant les libanais dans la misère.

En cette journée des chrétiens d’Orient, je voudrai vous demander de prier pour les libanais, que le Seigneur les aide à garder l’Espérance et de croire en un avenir possible sur leur terre, cette même terre que Jésus a foulé à Tyr et à Sidon, ces deux villes du sud du Liban, citées plusieurs fois dans les évangiles.

Je vous remercie pour votre écoute et vos prières et je remercie Père Fréderic-Marie qui m’a donné l’occasion de m’exprimer.
Avec tous les chrétiens de France, nous croyons que rien ne fera fléchir notre espérance ! Que ni la guerre, ni la persécution, ni le terrorisme ne nous empêchent d’être semeurs d’Espérance.

   MERCI.


Prière à L'Esprit-Saint
Oh mon Dieu envoie sur nous ton Esprit!
Qu'il nous mène sur le chemin de la Sainteté
      nous qui sommes affublés de notre manteau de pécheur
Qu'il génère en nous un Etat d'Esprit qui nous permette de transmettre notre foi
      malgré nos différences
Etat d'Esprit devenu langage universel pour nous permettre de communiquer sans barrière aucune
      Ni sociale, ni culturelle, ni géographique,
Etat d'Esprit né de l'Esprit Saint et nous conférant notre spiritualité la plus intime,
Etat d'Esprit somme toute plus important encore que les actes par eux mêmes,
Oh mon Dieu chaque jour j'implore ton Esprit
Puisse t'il habiter mon âme en tout instant que tu m'offres de vivre
Amen
   Emmanuelle Duville


☛ Il est fleuri le mois de mai
Il est fleuri le mois de mai
Pétales de rose, rouges coquelicots,
Fleuri d’oiseaux aux chants vermeils
Sifflements ocres, envolées bleues
Perçant le ciel azur printemps

Je déambule dans la toile
De ces tableaux que j’aime tant
Au mouvement zéphyr et lent
Des champs de blé encore trop verts
Non! Maitre Van Gogh n’est pas mort!
Les moissons ne passeront pas
Les bleus seront mêlés de jaune
Quand le soleil aura frappé
Et le printemps s’inclinera
D’une révérence de parfums
Devant l’été qui sera là

Il est fleuri le mois de mai
Le chevreuil a trouvé l’âme soeur
Au bord du ruisseau des forêts
De l’autre coté du village
De cette petite école oubliée

Je traverse les bosquets émeraude
Ou les feuillus tombent amoureux
Des majestueux conifères
Sous le regard fort amusé
Des noisetiers couleur panache
Et des écureuils rassasiés.
J’entends le crissement des feuilles
Sous les pas lourds des échappées
Belles de mes désirs de printemps

Je respire les parfums d’humus
Des tapis de ces feuilles marron
Vestiges oubliés de l’automne

Il est fleuri le mois de mai
Au rythme des envolées du coucou
Fleuri des notes sur les lignes
Des portées des grands musiciens
Grieg, Albeniz, Vivaldi!

Les Fleurs du Mal s’en sont allées
Baudelaire en a cueilli le parfum

Le printemps règne, Maitre des Arts
Traversant les mois de l’année
Dans son costume de jeune marié

Le mois de mai s’offre à Marie
Dans la splendeur de l’innocence
de l’enfant qu’elle a mis au monde

Il est fleuri le mois de mai...

☛ J'ai peur d'avoir peur
J'ai peur d'avoir peur
Mais la peur m'aide à me dépasser
J'ai peur de douter
Mais les doutes m'aident à m'élever
J'ai parfois peur de vivre
Mais la vie s'offre à moi chacun de ses matins

J'ai peur de mourir
Mais la mort me fait vivre ma Pâque au crépuscule
J'ai peur du temps qui passe
Et jamais ne me lasse
De vivre et de mourir
De pleurer et de rire
De crier mon bonheur
De cueillir cette fleur

J'ai peur du temps qui lasse
Et jamais plus ne passe
Ni le jour ni la nuit
Sans un cri sans un bruit
J'ai peur de ne plus être
Et chaque jour peut-être
J'oublie que j'ai vaincu
Sans jamais l'avoir su
La mort qui me hantait

Comme un roseau fléchi
Debout je suis en vie
Dans la pénombre intime
Du jardin de mes peurs
Ces peurs qui me grandissent
Et qui me font douter
Des doutes de mon âme

Comme le flot des vagues
Mon esprit vagabonde
Ainsi je m'abandonne
Loin des peurs et des doutes
Pour cueillir cette fleur
Et crier mon bonheur

☛ L'infinité du temps
Il s'est perdu le temps présent
Dans le passé de mon futur
Le temps passé n'est pas perdu
Quand je le passe auprès de toi
Toi l'être aimé qui te faufiles
Entre les ans du temps qui « fleurte »
Avec les âges de ma vie
Auprès de toi je n'ai plus d'âge
Nous sommes tous deux l'éternité
Dans le cosmos de ces années
Je t 'ai rencontré un matin et ne t'ai plus jamais quitté
Et quand le soir est arrivé j'ai retraversé le passé
Pour vivre encore ces doux instants
Du temps présent dans le futur
Et dans le firmament des ans
Notre éternité nous rassemble
Je revêts le manteau de nos âges
Lourd du passé de nos deux vies
Et du présent qui est passé
Le futur nous a rattrapés
Au rythme du présent de nos âges
Nous allons mourir pour revivre
A l'image de nos vies passées
Dans un futur d'éternité

   par Emmanuelle Duville


Message de l'Action Catholique Ouvrière (ACO) pour le 1er mai 2021


☛ La courbe bleue du firmament par Emmanuelle Duville
La courbe bleue du firmament
A arraché le toit du monde
Poudre d'étoiles sous le soleil
Se dissipant comme la brume
Azur velours ouate saphir
Vêpres intimes noces d'argent
Sonne le glas de la raison

Au loin sous l'horizon bleuté
Dansent les flammes enlacées
Braises rougies passion brulante
Le feuillage de pourpre vêtu
Laisse entrevoir par petites touches
La discrète sagesse du jade

L'heure est aux couleurs arc en ciel
Patchwork de sentiments meles
De la passion qui nous enfante
A la raison qui nous fait vivre
Je suis l'enfant de l'arc en ciel
Palette des contradictions
De mon esprit et de mon coeur

D'amour façonné je grandis
Dans le paysage aquarelle
de mes désirs d'éternité
Sonne le carillon des moissons
Douces récoltes de toute une vie
Germes des semis d'espérance
Que j'ai plantés jour après jour

Se tait le glas de mes déserts
Sentiers arides couleur poussière
Par trop parcourus dans la soif
Me précipitant vers l'abime
J'aperçois l'écume de mes ans
Sur le chemin du firmament
Je flotte au coeur de la nuée
De nos étoiles rassemblées

☛ Ma foi qui sommeille par Emmanuelle Duville
Dans la chambre de mes secrets sommeille ma foi
Enfouie sous les décombres des tourments de ma vie
Bien rangée oubliée...de moi mais pas de Lui!
Sont closes mes paupières au matin de mes doutes

Mon esprit vagabond veille dans mon sommeil
Soldat de mon combat contre l'absurdité
Le néant la folie et la cupidité
Prêt à lever les armes contre les assaillants

De rouge pourpre vêtus alliés de mon égo
Et c'est dans la bataille que se réveille mon âme
Révélant les saveurs oubliées de l'Amour
Portée par cette foi que j'avais ignorée

Il n'est que la souffrance pour ouvrir à nouveau
Mes yeux clos aveuglés par un bonheur furtif
Et révéler la Pâque de mon être endormi
L'élevant du trépas à la vie éternelle

Il a fallu porter la croix de mes péchés
La laisser partager pour qu'elle fut allégée
Et porter tour à tour celle de ceux qui entrent
Dans ma vie jalonnant son chemin de halage

L'instant de ma Passion a fait renaitre en moi
La beauté du bourgeon que je ne voyais plus
Le doux chant de ce merle dans mon jardin niché
L'odeur de ce lilas au bord de ma fenêtre ...


Méditations de Carême et de Pâque par le père Jean-Marie Roumégoux

☛ Dimanche de Pâque - 4 avril 2021

Pâques 2021 Année B -  4 avril 2021

Jean 20, 1-9 Résurrection

« Christ est ressuscité ». C’est par ces mots que les chrétiens orthodoxes se saluent le matin de Pâques. La résurrection du Christ est au cœur de notre foi. Elle coupe en deux l’histoire du monde. A sa lumière toute notre vie, y compris la mort, prend un autre sens.

La RESURRECTION : UN FAIT

Commençons par dire ce qu’elle n’est pas. La résurrection de Jésus n’est pas la renaissance d’un dieu après sa mort, à la manière de certains dieux de l’époque. Elle n’est pas l’immortalisation de son âme : c’est tout l’être de Jésus qui ressuscite. Elle n’est pas, non plus, la simple survivance de l’esprit de Jésus dans le souvenir des apôtres. Elle n’est pas une croyance, comme l’immortalité ou la réincarnation, qui ne peut être l’objet d’aucune vérification scientifique.

Comme tous les faits historiques, notre conviction repose sur le témoignage. Les apparitions du Christ, le tombeau vide, sont des signes. Nous croyons aujourd’hui au fait de la résurrection parce que des témoins, dignes de foi, nous l’ont affirmé et qu’ils n’ont pas hésité à sceller, par le sang, leur témoignage.

LA RESURRECTION : UNE FOI

La résurrection de Jésus est un fait qui a rapport à l’histoire mais qui est au-delà de l’histoire. D’autres réalités, l’amour par exemple, ont rapport à la raison mais sont au-delà de la raison. L’athée, l’agnostique sont là pour nous rappeler que la foi n’est pas le résultat d’une argumentation historique, ni d’une réflexion rationnelle. La résurrection n’est pas le retour à la vie mortelle, donc accessible aux sens et à l’histoire, comme ce fut le cas pour Lazare revenu à la vie (Jn 11, 43) et qui est mort plus tard.

La résurrection est passage à la vie nouvelle qui échappe à la mort et donc aux sens et à l’histoire. Parce qu’il échappe à la mort, le Christ échappe aux sens de ceux qui veulent le toucher. Il échappe à la recherche historique des générations futures.

Comment se fait-il que je suis croyant ? Comment se fait-il que les mêmes paroles entendues laissent l’un indifférent et permettent à l’autre de s’ouvrir à la foi ? « Nul ne peut dire : Jésus est Seigneur (autrement dit croire à la résurrection, à sa divinité) sans l’action de l’Esprit-Saint ( 1 Cor 12, 3). La foi est un don. Un jour nous l’avons recueilli, nous devons le faire grandir.

La résurrection du Christ laisse une trace dans l’histoire et, par là, nous invite à sortir de nos tombeaux.

LA RESURRECTION : UNE RESPONSABILITE

Par sa résurrection, Jésus inaugure une nouvelle existence où la vie triomphe de la mort. Il y a véritablement une transformation du sens de l’histoire, du sens de l’homme, de notre rapport à l’histoire et aux hommes. La mort ne peut plus avoir raison des hommes puisqu’en Jésus-Christ, elle a été anéantie. Cette certitude, celle des Apôtres, la nôtre, bouleverse la vie : la Bonne Nouvelle a pour nom espérance et amour. Comment vivons-nous ces deux réalités ?

L’espérance fait du croyant un voyageur en chemin. Cette force de la Résurrection imprègne désormais chaque situation, même la plus désespérée sur le plan humain. Le croyons-nous ? Dans un monde, « désenchanté », tenté par la démission, le découragement, la lassitude, sommes-nous porteurs d’espérance ? Sommes-nous prêts à témoigner par notre vie, de la parole du Christ : « Je suis la Résurrection et la vie ; qui croit en moi, fut-il mort, vivra » (Jn 11, 25) ?

L’amour est au cœur de la vie du Christ. Dans sa mort, Jésus livre sa vie par amour. Il la donne à ceux qu’il aime ; il parachève tous ces gestes d’accueil, de don, de pardon. En le ressuscitant, Dieu le Père approuve l’existence de justice et d’amour menée par son Fils. La Résurrection nous entraîne dans une vie livrée pour le service de nos frères.

Croire en Jésus ressuscité n’est plus simplement affirmer un événement passé, mais c’est nous vouloir responsables du déploiement de la résurrection du Christ dans tous les actes de notre vie. AMEN

      J-M. Roumégoux


☛ 6è Carême Rameaux B - 28 mars 2021

La Passion selon St Marc

Nous sommes venus avec un rameau à la main. Pourquoi ? Par tradition ? Pour une rencontre avec notre Dieu ? Avec Jésus-Christ ? Avec une communauté ? Avec nous-mêmes ? Sans doute, un peu pour tous ces motifs. Sachons que la symbolique de ce rameau est plus riche que nous ne le pensons.

Alors, Oui ! Un rameau pour l’homme, un rameau pour le Christ, un rameau pour aimer.

Un rameau pour l’homme

Les puissants, les riches, les stars possèdent des signes extérieurs de richesses. Jésus entre à Jérusalem monté sur un ânon et, nous le savons, ceux qui l’acclament aujourd’hui, voudront que, demain, il soit mis à mort sur le bois de la croix.

Jésus se retrouvera seul devant la souffrance et la mort.

En accompagnant Jésus avec notre rameau à la main, nous voulons prendre en compte la souffrance et la peine des hommes, les nôtres et celles de nos frères proches et lointains.

Térence, un philosophe ancien, disait : « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Un philosophe contemporain a écrit : « Rien de ce qui est inhumain ne m’est étranger».

Oui, Jésus nous a rappelé la voie de la compassion.

Avec notre rameau, nous le suivons.

Un rameau pour le Christ

Avant la fin de la semaine, Jésus sera pris, jugé, condamné. Sans doute, on ne lui pardonnait pas des paroles révolutionnaires. Il proclamait haut et fort que la miséricorde valait bien plus que les sacrifices offerts au Temple de Jérusalem. Il avait chassé les vendeurs du Temple. Il posait des actes de guérison, même le jour du Sabbat.

Rien ni personne ne pouvait le détourner de sa mission : proposer le salut, la guérison, la libération, à toute personne rencontrée sur sa route.

Au grand dam des pharisiens et des maîtres de la Loi, Jésus s’assoit à la table des publicains, touche les lépreux et les guérit. Il pardonne aux pécheurs. Par ses gestes et ses paroles, Jésus réconcilie les hommes entre eux, avec Dieu et avec eux-mêmes. Jésus nous ouvre la voie de la paix, de la justice et de la réconciliation.

Avec notre rameau, nous le suivons.

Un rameau pour aimer

A la veille de sa mort, pendant ce dernier repas qu’il partage avec ses disciples, Jésus donne le sens de sa mort. Cette vie que l’on va lui prendre, il l’offre par amour. Il l’offre pour la multitude et pour chacun d’entre nous : «  Il m’a aimé et s’est livré pour moi »( Galates 2, 20 ») dit St Paul.

Le chrétien est « pratiquant » dans la mesure où il pratique la charité, la charité conçue non comme une assistance mais comme un service qui permet au frère de grandir.

C’est bien dans ce projet que s’inscrivait, dimanche dernier, le CCFD-Terre Solidaire, (Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement).

Ce rameau, que nous pourrons ramener dans notre maison, nous rappellera à la fois l’engagement du Christ sur la route de Jérusalem et nos engagements au service de nos frères proches ou lointains.

Cette Terre, notre Terre, notre « Maison commune » comme l’appelle le pape François, nous voulons la rendre plus habitable pour tous.

En offrant une branche de ce rameau, nous pourrons témoigner, et de notre amitié, et de notre volonté de bâtir un monde plus fraternel. AMEN

    J-M. Roumégoux


☛ 5ème dimanche de Carême B - 21 mars 2021

Jean 12, 20-33 grain de blé. Voir Jésus

C’est à l’approche de sa Pâque, et surtout au cours de son dernier repas, que Jésus révèle le secret de sa vie et le sens qu’il donnera à sa mort sur la croix. Par ses paroles et par le don qu’il fait de sa vie, lui, le Fils de Dieu, Jésus, vrai Dieu et vrai homme, nous découvre le cœur de Dieu, le cœur de l’homme et le secret de notre vie.

Qui est Dieu ?

Le Dieu que nous dévoile le Christ n’est pas le potentat, le Tout-puissant dominateur, l’invulnérable, que les diverses religions ont imaginé. Depuis longtemps des philosophes ont dénoncé ce Dieu concurrent de l’homme ; je pense aux maîtres du soupçon (Marx, Nietzsche, Freud) et à un philosophe plus récent, Michel Onfray.

Non ! Le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu d’amour, un Dieu qui aime jusqu’à l’extrême.

Jésus en sera sa figure humaine : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime » (Jn 15, 13).

Jésus va jusqu’à sacrifier sa vie pour que l’homme vive. Jésus ne garde rien pour lui-même. Il renonce à lui-même. La mort de Jésus sur la croix nous fait découvrir l’infini amour de Dieu. La parabole du grain de blé est une image de Dieu qui se donne totalement.

Nous ne sommes plus au niveau de la raison mais, comme dans tout amour, au niveau de la contemplation, et devant Dieu, au niveau de l’adoration.

Il faut oser nous mettre devant un crucifix comme nous y invitait l’évangile de dimanche dernier. Ou bien, en cet hiver, nous pouvons semer un grain de blé pour le voir pourrir, s’anéantir, pousser une tige et, à l’été, donner de multiples grains.

Qui est l’homme ?

Le livre de la Genèse nous livre cette parole de Dieu: « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » (Gn 1, 26) . Dans l’Ancien Testament, le peuple de Dieu ne l’était que dans la mesure où ses membres avaient entre eux les mêmes relations que Dieu avait avec son peuple. Aujourd’hui Jésus, par ses paroles et surtout par son dernier acte sur la croix, qui est le don total de lui-même, nous révèle l’essentiel de l’être que nous sommes ou que nous devons être. Nous sommes faits pour être don total de nous-mêmes. Nous sommes faits pour aimer.

Jésus, immédiatement après avoir livré son secret, ajoute : « S’aimer soi-même, c’est se perdre ». L’homme n’est pas fait pour soi. Le but de l’homme, une vie réussie, c’est d’aimer. Le comble de l’amour, c’est de se perdre pour un autre.

La vraie mort n’est pas la mort physique mais le refus d’aimer ; c’est le repli égoïste sur soi.

En dehors des lois du code du travail où le juste salaire doit être honoré, notre attitude, en Église comme dans la société, doit être la générosité et la gratuité.

Qu’est-ce que vivre ?

Ce temps de carême nous invite à suivre le Christ dans le don qu’il fait de sa vie. C’est nous préparer à accueillir la triple libération que nous offre le Christ ressuscité dans une vie de foi, d’espérance et de charité.

La foi en la résurrection de Jésus nous libère de la peur de nous-mêmes. Croire en Jésus, c’est faire confiance en sa parole qui nous oriente vers la vraie vie, une vie d’amour.

L’espérance nous délivre de la peur de la mort, la mort physique, bien sûr, mais aussi la peur et l’angoisse du néant. L’espérance nous permet de regarder l’avenir toujours ouvert, pour nous et pour tout homme quel qu’il soit.

La charité, l’amour compatissant, nous délivre de la peur de l’autre, de la peur du prochain. Nous aurons à le servir en surmontant indifférence et désir de domination.

Dans chaque eucharistie, dans le don qu’il fait de sa vie, le Christ nous entraine à sa suite. AMEN.

       J-M. Roumégoux


☛ 4ème dimanche de Carême B - 14 mars 2021

Évangile de Jean 3, 14-21   Serpent

Dans une église, à un carrefour ou, peut-être, dans notre maison, un « crucifix » : un homme cloué sur une croix pour exprimer la souffrance vécue par Jésus, ou bien une croix toute nue pour exprimer la mort dépassée par la résurrection.

Autrefois, les Hébreux étaient invités à tourner leurs regards vers le serpent d’airain pour être guéris. Nous, au jour de notre baptême, nous avons été marqués du signe de la croix et aujourd’hui l’Église nous invite à tourner notre regard vers la croix du Christ ressuscité pour être pleinement vivants au milieu de nos frères.

Croix de passion, de résurrection, de lumière.

La croix de la Passion

Passion au sens de souffrance et d’amour : aimer passionnément, accepter de souffrir pour aller jusqu’au bout de son amour. C’est bien ce que Jésus réalise tout au long de sa vie, et, d’une manière plus intense encore, au moment de sa « Passion ».

C’est au cours de son dernier repas avec ses disciples que Jésus livre le secret de sa vie et le sens qu’il donne à sa mort. Les responsables politiques et religieux lui imposent cette mort si cruelle ; Jésus dit la vouloir et la choisir : « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » (Jean 10,18).

Ainsi, dans la pire détresse, Jésus continue d’aimer, de pardonner, de faire confiance à son Père du ciel. Ainsi, aujourd’hui, dans notre monde marqué par tant de misères physiques ou morales, tant d’injustices individuelles ou collectives, Jésus nous ouvre le chemin de l’amour et du pardon.

Croix de la résurrection

Jésus est vivant. Nous le croyons, c’est notre foi. Quand, trois jours après sa mort, les femmes se rendent au tombeau, le tombeau est ouvert et vide. Le grain de blé, jeté en terre, a germé et a poussé la vie.

Les apôtres, qui n’y croyaient plus et avaient commencé à se disperser sur les routes de Galilée, reconnaissent le Seigneur vivant au milieu d’eux.

Les marques des clous demeurent sur le corps du ressuscité mais, désormais, est venu le temps de la paix, de la joie et de la mission.

Il  faudra du temps, pour comprendre ce qui s’est passé.  Il faudra du temps, pour trouver les mots qui exprimeront cet événement extraordinaire. Il faudra du temps, pour accueillir cette présence du Christ ressuscité en chacun et dans le monde.

Personne n’a été témoin direct de la résurrection du Christ. Nous ne parlons pas d’un fait historique mais nous affirmons un fait réel. Par contre le témoignage des apôtres est historique. Ils sont passés du doute à la foi, de l’accablement à la joie du témoignage. Cette traversée de la résurrection en eux les a ouverts au monde. Cette foi a eu quelque chose de ressuscitant pour eux.

Croix de lumière

En s’effaçant de Nous, au jour de notre baptême, nous avons été marqués du signe de la croix et aujourd’hui l’Église nous invite à tourner notre regard vers la croix du Christ ressuscité pour être pleinement vivants au milieu de nos frères leurs yeux, au jour de l’Ascension, le Christ recommande à ses disciples d’aller dans le monde entier, prêchant la Bonne Nouvelle. Je retiendrai deux traits de lumière.

Le premier nous invite à renouveler notre attitude vis-à-vis de la souffrance et du mal dans le monde. Toute sa vie, Jésus a lutté contre la mal et, lorsque il en a été la victime, il a continué  d’aimer jusqu’à pardonner à ses bourreaux. Dieu n’est pas intervenu pour le dispenser de cette mort. Mais par la résurrection, la vie et l’amour ont gagné sur la mort.

Le deuxième trait de lumière concerne notre vie en Église dans l’Esprit de Jésus. L’évangile de Luc rapporte que, sur la croix, Jésus, au moment de sa mort, « remet l’Esprit » (Luc 23, 46). C’est, désormais, de cet Esprit, de l’Esprit-saint, de l’esprit de Jésus, que nous devons vivre ; esprit d’amour et de liberté qui nous invite à inventer, pour notre monde d’aujourd’hui, des chemins de vie, de pardon, de service et de fraternité.   AMEN 

                J-M. Roumégoux




Poèmes

par Emmanuelle Duville

☛ Rencontre avec la vie
J'ai rencontré la vie un matin de printemps
J'ai souri à l'oiseau qui siffle sur la branche
J'ai vu les mimosas fleurir sous ma fenêtre
J'ai humé le parfum des bouquets de lavande
J'ai senti le vent chaud caresser mes pommettes

Ma vie elle m'est offerte sans attente sans retour
Se fait corps par le sens de son origine même
Tant d'amour en ce don a lavé le péché
péché originel de la chair de ma chair

Le rythme des saisons a raison de celui
Qui dans mon sang fait vivre l'amour originel
Du torrent tumultueux à l'écume des jours
La vie coule en mes veines au tempo de mes choix

Je suis la partition de mon chemin de vie
Sans bémol à l'armure pour freiner la cadence
Je suis le chef d'orchestre de mon propre opéra
Le chanterai encore à l'hiver de ma vie

La mélodie s'écrit au hasard des rencontres
Rencontre de l'oiseau, du mimosa fleuri
Rencontre avec celui qui m'offrit ce cadeau
En échange de rien En échange de tout
D'un sourire au parfum de son amour pour moi

☛ L'Adieu vers Pâque
S'en est allé Noel avec sa féérie
Ont repris leur chemin les Mages vers d'autres cieux
Je sens en moi le vide des lendemains de fête
Mon coeur est envahi de pénombre... je suis seule...

Ou est passé l'enfant qui tressaillait en moi?
Cet enfant que j'étais au jour de La Nouvelle
Du nouveau né couché dans la paille d'une étable
Roi au milieu des siens et pourtant si fragile...

Je cherche le chemin ... je cherche quelle étoile
Saura me transporter vers la Pâque... vers ma Pâque...
Mais avant il me faut traverser mon désert
Etancher cette soif de connaitre l'Enfant

L'Enfant devenu Père de mon humanité
Je veux tuer en moi les démons qui m'éloignent
De cette transparence d'Amour que je perçois
Dans le miroir de l'âme des repentis d'un jour

Puisse ce jour durer jusqu'au bout de ma Pâque
Pour que le troisième jour de mon enfantement
Je sois lavée de l'eau d'un bapteme nouveau
Pour qu'enfin je sois digne d'être appelée vers lui...

Puisse ce jour durer quarante jours au moins
Pour naitre et reconnaitre mes compagnons de route
Et cheminer ensembles jusques au jour dernier
De l'aube au crépuscule sans détour et sans crainte...

☛ Je voudrais être mâge
Je voudrais être mage et lire dans ton regard
L’étoile qui brille en toi pour me servir de guide
Je voudrais être mage et marcher au hasard
Des détours de ton coeur amant d’une âme avide
Cette âme qui est la mienne...est avide d’aimer...
De t’offrir de la myrrhe ou encore de l’encens
Pour révéler en toi ce qui en moi revêt
Les couleurs d’un bonheur pur et incandescent
De ce feu si ardent qui brule encore en moi
Quand au petit matin je nous lis dans tes yeux
Apercevant l’enfant qui vit au fond de moi
Innocent humble et frêle, fragile et merveilleux
Je voudrais être mage pour révéler l’enfant
Qui en chacun de nous fait briller les étoiles
Pour que l’amour s’écrive jusqu‘à le firmament
Tel un tableau de maitre sur une simple toile
Tu es l’épiphanie de mon amour pour toi
Révélation divine de l’infiniment grand
Seul absolu issu du plus profond de moi
Si fragile et si fort un peu tout en même temps...
Je voudrais être mage chaque jour de ma vie
Suivre l’étoile qui luit dans les coeurs abimés
Constellation humaine révélée par magie
Par un petit enfant dans une mangeoire couché...
Je voudrais être mage, mage au milieu des mages...
Et contempler l’enfant...d’amour emmaillotté...

☛ Une étrange disparition
Au crépuscule de l’an vingt,
S’est envolé à Saint Martin,
Le protégé du sacristain,
le chouchou des Jacques au carré,
Des paroissiens l’admiré,
Vous l’avez tous subodoré,
L’ange quêteur nous a quittés…
Qui de se transformer très vite,
En Sherlock ou autre émérite,
Pour démasquer quel acolyte
Saura se montrer plus malin,
Que le malin lui même …en vain!
Nul n’est malin à Saint Martin!
La crèche a perdu son gardien,
Pour remercier il n’est plus rien,
De ce regard d’enfant qui vient,
Ouvrir nos yeux au nouveau né,
Qui trône dans sa nudité,
Pour nous offrir l’humilité.

☛ La liberté retrouvée
Chère liberté je t’ai perdue Un soir d’annonces un soir de lune Et quand au matin le soleil Derrière le mur s’est embrasé Dans un petit coin de mes rêves Je suis partie me réfugier Hé là reviens! Me souffle t on Voix douce et ferme de l’intérieur Au plus profond du moi intime Serait-ce le brasier de mon coeur? Je suis en guerre contre la guerre Et ses batailles porteuses d’annonces… Ma liberté elle s’est fait mienne Elle m’étreint éternellement Je l’ai gagnée elle est ma force J’ai combattu sans défaillir Au prix d’une lutte acharnée Contre les peurs de mon égo Ma liberté elle est d’aimer Au point de laisser l’être aimé Partir loin de moi sans mot dire Vers un bonheur sans lendemain L’amour parfois a ses secrets Que les secrets ne savent guère Mais dans les profondeurs divines Sont dévoilés tous les secrets Les amours perdues se retrouvent Dans la transparence infinie Loin des annonces et murs de haine Erigés contre toutes les peurs Liberté fragile et furtive Dans mes veines comme le ruisseau Vers l’embouchure tu suis ton lit Jusqu’à l’océan des espoirs Tu es mon sang sans toi je meurs Tu es mon pain d’éternité…

☛ Oui à la vie !
N’ayons pas peur de vivre! Sans aurore n’est de matin, Sans eau vive n’est de rivière, Souffle de vie la douce brise Effleure nos sens en bourgeons. Marée humaine l’heure est venue, De pénétrer dans le tableau Fresque inachevée de nos vies, Peinture sur la frise du temps... Nos corps se fondent dans la gouache, Pinceaux d’un instant tour à tour... Comme une emprunte dans la toile, Notre immortalité voit le jour, D’abord naissante elle enveloppe Nos corps meurtris et nous accouche... Sans douleur... N’ayons pas peur de vivre! Un jour la mort de nos corps, Sera vêtue... Dans le tableau les nudités De nos vies seront l’empreinte... Ne mourons pas de peur de vivre! Pierres vivantes de granit nous sommes! Comme le sommet de la falaise, Se dresse notre humanité... Le grain de sable devenu roche... N’ayons pas peur de vivre de peur de mourir! Brisons la glace de nos solitudes tranchantes, Melons nos voix au chant des grives, Entrons dans la ronde , Voyez comme on danse! Que de joie nos larmes forment les océans! J’entends au firmament que résonnent nos rires, Adieu fragments mortels du puzzle de nos vies!

☛ Les notes de musiques
Légères, sublimes, élégantes,
Les notes dans nos têtes virevoltent,
Les croches sur un pied sautillent,
Nonchalante la ronde longuement s attarde...
Légères, sublimes, élégantes,
Les notes s’habillent d’harmonie,
De fantaisie de folie même
Dans leur tutu de voile elles dansent,
Survolant le miroir de notre intimité...
Légères, sublimes, élégantes,
Les notes s’animent le soir de la première,
Fières de leur farandole elles trépignent d’impatience
Quand le piano leur offre sa ribambelle de touches...
Légères, sublimes, élégantes,
Les notes de musique se bousculent sur l’archer
du violon
Et bientôt les flûtes adoucissent le concerto
De ces frêles danseuses aux robes de lumière...
Légères, sublimes, élégantes,
Les notes de musique  illuminent nos journées et nos nuits
Elles sont le scherzo de notre cœur et la valse de nos désirs
Au matin de nos tourments et au soir de nos
peurs...

☛ Sahara
Sahara...
Ton sable roux caresse nos montagnes blanchies
Balayant les sommets d’un tapis or et ocre
L‘air est tiède lourd humide
Dégageant des parfums de dunes arrondies
Aux formes suaves et chaudes de sourires lointains

Sahara...
Tu nous offres au matin la rose cueillie des sables
Transportant nos esprits vers d’autres horizons
Aux saveurs à la fois piquantes et sucrées
Aux couleurs du soleil brûlant l’immensité
Du désert infini et indéfinissable

Sahara...
J’entends cette chanson aux teintes orangées
Que ton souffle susurre à mes oreilles charmées
Par la chaleur du son enrobé de nougat
De miel d’amandes grillées de douceurs amères
dont je respire l’odeur âpre et suave à la fois

☛ LE ROI DES ROIS
Majestueux, triomphant, le voici l’acclamé!
Prince des hommes d’un jour noyé sous les rameaux,
Qui s’agitent sans cesse jusques au crépuscule,
De ceux qui le haïssent quand la nuit se fait jour.

Roi des hommes on l’acclame il est sauveur du monde,
Roi du ciel il trépasse roué de coups sanglants
Sous le fardeau trop lourd d’épines recouvert
Et le poids des péchés de ses adorateurs...

Il est bien éphémère le sentier de la gloire,
De rameaux recouverts sous un soleil de feu, En
dessous l’on perçoit les pierres du chemin, Roches
étincelantes coupantes et brulantes...

Voici venu le temps de l’humble messager, Celui qui se
blottit au coeur de nos entrailles,
Il s’est fait tout petit pour conquérir nos âmes, L’humilité
de Dieu triomphe sans faire de bruit...

L’acclamé parle en nous un langage sans mot, Et son
amour pour nous résonne d’âge en âge, Il est le roi des
rois au delà des frontières
De nos indifférences en tout temps à jamais...

Majestueux, triomphant, l’amour est acclamé
Quand la mort est vaincue à l’aube du troisième jour, Il a
fallu laver nos péchés dans le sang
De cet agneau vainqueur de notre éternité...


Joies partagées

ET LE CONFINEMENT RECOMMENCE EN CE MOIS DE NOVEMBRE: CONTINUONS LE PARTAGE EN ESPERANT QUE NOUS REPRENDRONS NOTRE VIE PASTORALE EN DECEMBRE POUR FETER L'AVENT ET NOEL:

PRIÈRE DES MASQUÉS Transmise par Maryse Ils sont lourds, Seigneur, ces masques de papier, ces morceaux de tissu qui cachent nos visages, nous étouffent, et enferment nos sourires. Nous aimerions tant pouvoir les ôter, respirer, enfin, l'air qui manque à nos vies ! Mais derrière, qu'allons-nous trouver ? Des visages ouverts et accueillants, ou bien d'autres masques plus grands ? Car ils sont nombreux, Seigneur, et bien plus lourds encore, ces masques intérieurs, ces voiles de mort qui enserrent nos cœurs. Masques de peur, de méfiance, de rejet, masques identitaires et communautaires, soigneusement étiquetés. Ces masques-là, Seigneur, Toi seul peux venir les ôter. Dieu d'Amour et de Paix, nous t'en prions : Toi qui es Père, viens nous démasquer, afin que nous puissions te chanter ! Toi qui es Fils, viens nous démasquer, pour que nous accueillions ton salut ! Toi qui es Esprit, viens nous démasquer, et que ton Souffle nous rende vie ! Amen.


Un parallèle amusant par l'humoriste Karim Duval proposé par Chantal:


EN REFLEXION POUR LA FÊTE DU 11 NOVEMBRE proposée par le père Jean-Marie Lesbats:

:En raison de cette pandémie du COVID, il n'y aura pas, cette année, de rassemblement ni de cérémonie officielle, pour les anciens combattants de notre commune, et je sais que beaucoup d'entre eux le regrettent. Chaque année c'était l'occasion pour les anciens de se retrouver, de prendre des nouvelles les uns des autres et de se soutenir en partageant les épreuves de certains membres des diverses associations. Il n'est pas vain de parler , à cette occasion , de fraternité d'armes. Je suis témoin des nombreuses attentions, des soutiens matériels et moraux que se prodiguent entre eux ces anciens combattants. Le confinement ne doit pas arrêter cette pratique et ce sentiment d'appartenir à une famille ; en attendant des jours meilleurs, continuons à prendre des nouvelles les uns des autres, à veiller sur nos proches et nos voisins par tous les moyens à notre disposition. Et nous pouvons aussi confier toutes nos intentions de prières au Seigneur, pour ceux qui nous ont quittés et pour ceux qui restent, en particulier les malades. (Padre Lesbats Jean-Marie) Et je vous invite à dire cette belle prière (auteur inconnu) : Prière pour les soldats morts à la guerre. Seigneur, Dieu de bonté et de miséricorde, qui nous avez envoyé votre Fils Jésus-Christ pour nous apporter le salut de la vie, ayez pitié de tous nos frères que vous avez appelés à vous dans les circonstances tragiques de la guerre. Nous vous prions pour ceux qui vous ont connu, aimé et servi ; donnez-leur ce que, dans toute la force de leur espérance chrétienne, ils ont tant désiré durant leur séjour ici-bas. Nous vous prions pour ceux qui ne vous ont point connu, mais qui vous ont cherché toute leur vie dans l'inquiétude et l'angoisse de leur âme, et qui ne vous ont trouvé que dans la mort. Nous vous prions enfin pour ceux qui ne vous ont ni connu, ni même cherché, et que cependant vous n'avez cessé d'aimer. Ils vous ont quand même servi en faisant loyalement et courageusement leur devoir jusqu'à l'ultime sacrifice. Ayez pitié, Seigneur, des uns et des autres; ils sont tous vos enfants. Donnez-leur à tous la vie éternelle, dans la lumière et la Paix. Amen


Méditations par le père Jean-Marie Roumégoux

☛ Fontaudin - 2ème dimanche de l'Avent 6 décembre 2020

MARC 1, 1-8

      En ce temps-là l’ordre règne en Palestine.

      Tous les grands de la terre, politiques ou religieux, sont convoqués au rendez-vous de l’histoire et nous savons ce que signifiait la « Pax romana » cachant tant de violences et d’injustices. Alors surgit un inconnu, un marginal qui vit dans le désert où il n’y a rien. La parole de Dieu l’a saisi et tout se met à changer. Il n’est plus question de Temple, de maison, d’ordre établi, de personnes reconnues mais au contraire de routes, de passages, de plongeon (étymologie de « baptême »), de retournement (synonyme de « conversion »), d’universalité (tout homme). C’est à nous que s’adressent aujourd’hui ces paroles : « Préparez le chemin du Seigneur ».

      Le désert

      Dans le texte grec il n’y a pas de ponctuation. On peut rattacher ce mot désert soit à la « voix qui crie dans le désert » soit à la phrase suivante « préparer dans le désert ». Peu importe. Aujourd’hui nous avons du mal à vivre notre situation. Même si nous sommes confinés avec d’autres, nous avons l’impression de vivre seuls, isolés, un peu perdus, sans points de repère. L’horizon se révèle fuyant. L’eau de la vie se fait rare. Nous sentons la brûlure de la soif. Même ce Dieu que nous avons adoré dans notre enfance ou notre jeunesse devient lointain et silencieux. C’est le désert ! Et pourtant, par delà les siècles, Jean le Baptiste et le Seigneur lui-même nous demandent d’assumer notre situation, de ne pas nous décourager, de continuer à veiller, à lutter, à persévérer. Fils de prêtre (juif), Jean le Baptiste ne veut pas se laisser enfermer dans sa religion avec le Temple, les sacrifices, la routine. Il part au désert loin des sentiers battus.

      Préparez

      C’est dans ce désert qu’il nous faut vivre et agir même si parfois nous nous sentons seuls et impuissants devant la tâche à accomplir. Il nous faut d’abord conforter notre foi. Il nous est bon de retrouver la parole de l’ange prononcée justement à propos de la naissance de Jean le Baptiste : « Rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1, 37).

      Certes la foi est un don. Nous ne pouvons ni nous la donner ni la transmettre mais nous pouvons préparer les conditions pour qu’elle puisse surgir en nous et chez les autres, démarche d’humilité et de persévérance. Alors les paroles du prophète prendront des aspects concrets nous engageant dans des actions de droit et de justice. Il nous faut ouvrir des lieux d’accueil et de partage, renverser les murs du racisme et de l’exclusion, briser les chaînes d’un monde injuste où ceux qui possèdent en veulent toujours plus, redresser les chemins tortueux de l’égoïsme et de la corruption. Tout homme verra le salut La nouvelle encyclique du pape François ne s’adresse pas qu’aux chrétiens. Elle concerne tous les hommes quels qu’ils soient. Nous devons vivre en frères. Combien nous sommes redevables au concile Vatican II qui dans son ambition pastorale a voulu rendre l’Église vraiment catholique. Il ne s’agit pas simplement d’approfondir les dogmes déjà définis mais de considérer les valeurs de l’histoire et du monde comme une carrière dans laquelle nous venons puiser les belles pierres (valeurs) qui s’y trouvent. La nouveauté ne doit pas nous faire peur mais nous devons sans cesse discerner et porter sur le monde le même regard bienveillant du Christ. Il nous faut sans cesse accueillir et réfléchir sur ces questions nouvelles à la lumière de l’Évangile et de la personne de Jésus. Nous nous rappellerons cette phrase du Père Congar à propos de ceux qui opposent Église au monde : « A vouloir une religion sans monde on risque de se retrouver avec un monde sans religion ». Nous y sommes. Alors préparons Noël : « Paix aux (à tous les) hommes que Dieu aime » AMEN

J-M. Roumégoux


☛ Fontaudin - 1er dimanche de l'Avent 29 novembre 2020

Marc 13, 33-37 Fontaudin

Dans le credo nous affirmons que le Christ reviendra pour juger les vivants et les morts. Ce n’est pas une invention de l’Église pour faire peur. Les paroles du Christ au sujet de la fin des temps sont foncièrement optimistes. Le mal peut s’emballer par moment, il ne peut détruire ce genre de vie nouvelle qui nous introduit dans la résurrection du Seigneur et nous permet de recevoir le don de l’Esprit.

Des veilleurs qui attendent.

Nous serons jugés sur l’amour, sur le service de nos frères et particulièrement de ceux qui sont dans la détresse, c’est bien la leçon que nous délivrait l’évangile de dimanche dernier.

Mais la vie chrétienne est d’abord cette relation personnelle à ce Dieu qui nous aime le premier. C’est l’essentiel de la révélation que Jésus nous a faite de la part de son Père du ciel. Il viendra, le moment voulu, mais nous ne savons quand, pour nous introduire dans l’amour total de la Trinité, Père, Fils et Esprit.

Jésus nous demande de veiller, d’être de ceux qui l’attendent. Qu’est-ce à dire ? Je reprendrai les mots de Newman : « Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, d’attendre qu’il vienne et de le voir tarder ? Savez-vous ce que c’est que de désirer que le temps passe vite en attendant la venue de quelqu’un qui vous fait battre le cœur ? Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami au loin, d’attendre de ses nouvelles, de vous demander jour après jour ce qu’il fait en ce moment, s’il se porte bien ? Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à cela ».

Des veilleurs libres et responsables.

Cette mini-parabole du maître qui part en voyage exprime bien notre situation. Le maître a remis tous ses biens. Quelle confiance ! Pour respecter notre liberté, il crée un nouvel espace : celle de l’absence ; c’est l’espace des choix.

Quand le maître était là c’était le temps du confort, de la certitude, on se reposait sur lui. Maintenant c’est le temps de la foi. La foi n’habite que le temps de l’absence et nous met enfin en face de nos responsabilités.

L’Esprit de Dieu, l’Esprit de Jésus nous est donné pour que justement nous puissions agir dans la suite du Christ. Le temps de l’absence est bien le temps de la responsabilité, chacun a reçu une charge à assumer, un travail à accomplir. L’exemple des Apôtres est bouleversant : quand le maître était là, ils ont bien peu d’initiatives et souvent malheureuses. Après le départ du Maître et la venue de l’Esprit, quelle ardeur ! Quel dynamisme ! Selon l’annonce du maître lui-même, ils accomplissent des œuvres plus grandes que Lui…En moins de 50 ans l’Évangile, franchissant les frontières de la Palestine, est annoncé dans tout le bassin méditerranéen.

Des veilleurs qui agissent

Cette attente de l’ami ne peut se faire passivement. Combien de fois Jésus vient à la rencontre de gens qui sont assis ou couchés. Pour les guérir ou les « sauver » il les invite à se lever et à partir, « va ».

L’avenir ne se fera pas sans nous. Notre attente est contemplative sans devenir quiétiste, c’est-à-dire attendre tout de Dieu sans bouger. Elle est active sans devenir pélagienne c’est-à-dire ne croire qu’en sa propre action. Quand elle est contemplative, notre attente s’appelle espérance, quand elle est active notre attente s’appelle volonté.

Dans notre monde si changeant, que certains appellent « liquide » parce que l’on ne peut s’appuyer sur rien de solide, dans un monde où souvent prédomine la loi de la jungle, celle du plus fort, notre pape François nous invite à nous conduire , contre vents et marées, comme des fils de Dieu et comme des frères. Voila comment nous serons de véritables veilleurs. AMEN

J-M. Roumégoux


☛ Fontaudin - 21ème dimanche - 23 août 2020

Voici plus d’un an que les apôtres cheminent à travers villes et villages de  Palestine. Aujourd’hui ils s’aventurent en pays païen, à Césarée de Philippe.  En Jésus ils découvrent  une autre manière de parler de Dieu,  de se situer par rapport à lui. Jésus parle souvent d’un Royaume qu’ils ont de la peine à cerner. Qui est cet homme ?  C’est Jésus lui-même qui leur pose la question.

Les réponses fusent. On le compare aux plus grands, à Jean-Baptiste, aux  prophètes.

« Et vous ? » Une réponse personnelle, la réponse de Pierre, une vie en Eglise.

Une réponse personnelle

Nous faisons bien la différence entre connaître quelqu’un en sachant  des choses sur lui  et le connaître en entretenant une relation personnelle avec lui.

Je me souviens d’une maman qui avait accepté d’accompagner le groupe de catéchisme de sa fille. Elle n’était pas très sûre de sa foi. Elle parlait de Jésus en suivant le livre. Un jour sa fille lui avait posé la question : « Mais toi, maman, qu’est-ce que tu penses de Jésus ? » Autrement dit :  « Qui est Jésus pour toi ? »

C’est bien la question qui nous est posée ce matin. Nous faisons la différence entre savoir des choses sur Dieu et sur Jésus, savoir notre  Je crois en Dieu et d’autre part croire en Dieu. Croire est à bien distinguer du savoir.

Le savoir est indispensable si ne voulons pas verser dans l’inintelligence.  Mais croire en quelqu’un c’est différent. C’est se fier, c’est aller  la rencontre, c’est s’engager. Acte qui fait appel à notre volonté et à notre liberté.

C’est pour cette raison que l’acte de foi est essentiellement personnel et qu’il ne peut se transmettre. Par contre c’est le rôle des parents, des éducateurs, des témoins de  permettre et de favoriser cet acte de foi.

La réponse de Pierre

Comme dans bien d’autres circonstances Pierre est cité en premier ; il prend l’initiative. Il assume déjà cette relation personnelle entre un « Je » et un « vous », entre un maître et sa communauté. Il reconnaît : «  Tu es le Christ/ Messie, le Fils du Dieu vivant ». Pierre est déclaré  « heureux ». Pierre est ce rocher sur lequel se construira une communauté nouvelle.

 La puissance de la mort ne pourra rien contre une communauté fondée sur la relation vivante d’un disciple avec son Seigneur.

Après sa résurrection Jésus confiera son Église à ses disciples. Aujourd’hui il la confie à Pierre comme responsable pour qu’il préside à l’unité et à la charité.

Au long des siècles le rôle et l’identité des évêques ainsi que la primauté du pape se préciseront sous la mouvance de l’Esprit-saint. Le Concile  Vatican II, le pape François et nos évêques en sont les derniers et dynamiques acteurs.

Vie en Église

C’est Dieu qui donne la foi et nous la recevons par l’Église, l’Église que nous sommes tous,  l’Eglise qui vit la foi et qui accueille les croyants. Nous ne devons jamais séparer le Christ de son Église.

Pensons à notre prière, le Notre père. Il ne nous vient pas à l’idée de dire : « Mon père ». Les disciples de Jésus prient au pluriel, même au cœur de leurs prières les plus singulières. Nous adoptons le langage de la communauté.

Au baptême nous sommes entrés dans une communauté. Le baptême est toujours reçu.  On ne se baptise pas soi-même.

Encore faut-il que l’Église soit visible pour que l’on puisse la rejoindre. C’est la mission des chrétiens dispersés qui partagent les joies et les peines de ce temps et dont la vocation est d’être des disciples missionnaires.

Disciples missionnaires nous le serons si nous nous réjouissons avec tous nos frères humains, chrétiens ou non, de tout ce qui dans le monde va dans le sens de la vie et de l’amour.

Nous le serons si nous  nous engageons dans des associations, des organisations, es mouvements qui vont œuvrer pour rendre notre société plus humaine vraiment au service de tous.

Nous le serons si nous faisons exister une communauté, comme la nôtre aujourd’hui, qui soit priante, accueillante, qui peut dire  en vérité à celui que nous avons invité : « Viens et vois ».   AMEN    J-M. Roumégoux


☛ Dimanche 16 août 2020 Matthieu 15,21-28

Peut-on dire que Jésus s’est converti sans encourir le qualificatif de « blasphémateur » ? Si Jésus est le Fils de Dieu, il sait tout, il connaît tout, il peut tout. Il ne peut donc changer. D’autre part nous proclamons dans le credo que Jésus est vrai homme, donc qu’il apprend, qu’il progresse (Luc 2, 52). Nous ne pouvons nous représenter cette réalité de l’Incarnation. Nous parlons du mystère de l’Incarnation : Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme.Ce passage de l’évangile de Matthieu est exemplaire. (L’explication du premier refus de Jésus comme moyen d’éprouver la foi de cette femme ne me paraît pas bien convainquant).

Le cri d’une femme.

A travers son cri nous entendons et d’une manière aussi violente toutes les détresses de nos vies. Celles qui nous touchent de près et que nous subissons dans notre corps ou dans nos coeurs, celles que nous relatent les médias venant des quatre coins du monde : la douleur de cette maman lorsque disparait le fruit de sa chair, la souffrance de ces familles victimes d’accidents, de guerres ou de catastrophes naturelles. Nous ne saurons oublier le cri du Christ- lui-même mourant sur la croix.

Le silence de Dieu

Dans un premier temps Jésus semble insensible. Il est tout entier immergé dans sa religion selon laquelle un juif ne se commet pas avec un païen. Mais le cri de cette femme éveille en lui d’autres figures de l’Ancien Testament par exemple la veuve de Sarepta, de Naaman le Syrien, figures auxquelles il avait fait allusion au debut de son ministère à Nazareth (Luc 4, 25-27).Finalement Jésus acquiesce à la demande de la Syro-phénicienne : « Que tout se fasse comme tu veux ».Parfois l’action précède la réflexion. Quand le geste va dans le sens de la vie et de l’amour, nous découvrons, émerveillés, la présence de l’Esprit-saint, l’amour du Père pour tous ses enfants.En ce moment de sa vie, en territoire paîen, Jésus. prend conscience de l’universalité de l’amour de son Père. Tous les hommes, juifs, paîens, étrangers, croyants ou non, sont les fils bien-aimés de son Père et donc ses frères.En préparant sa mort le soir de la dernière C-ne comme nous rendront présent cet acte d’amour, Jésus parlera de son corps et de son sang versé pour la multitude. Pour tous les hommes.

L’action de Dieu et notre action

Dieu n’intervient pas immédiatement. Il ne fait pas les choses à notre place. Il respecte notre liberté de décision et d’action.Dieu n’est pas intervenu quand son Fils mourrait sur la croix. Dieu n’intervient pas sauf miracle dans les situations dramatiques que nous vivons.Mais ce sont nos propres interventions qui pourront changer le cours des choses.A la suite de Jésus et forts de l’amour du Père nous avons à dépasser nos propres préjuges, à rester sensibles à l’appel de nos frères en détresse proches ou lointains.C’est bien cela l’envoie des Apôtres au soir de la résurrection et au jour de la Pentecôte.C’est bien l’invitation que nous adresse notre Pape François quand il souhaite une Eglise en sortie.Malgré l’indifférence de beaucoup, malgré notre fatigue, nous avons à rejoindre l’acte d’amour du Christ présent en chaque eucharistie pour servir nos frères, pour offrir sa vie et vouloir notre vie au service de tous.

AMEN    J-M Roumégoux


☛ Fête de l'Assomption - Dimanche 15 août 2020

Luc 1, 39-56

Si au jour de Pâques nous fêtons la résurrection du Christ nous pouvons dire que le 15 Août nous fêtons la Pâque de Marie, son Assomption, sa vie de ressuscitée avec son fils ressuscité. C’est la Pâque de l’été. Invitation à travers toute la vie de Marie de réfléchir à ce que nous serons par delà la mort ; et aussi ce que nous devons vivre sur cette terre. Marie du ciel, Marie de la terre. Marie mère de l’Église.

Marie du ciel

Marie participe à la résurrection de son fils, la résurrection au sens biblique qui n’est pas à concevoir comme la réanimation d’un cadavre, ni comme la simple immortalité de l’âme dépourvue de toute réalité corporelle, ni comme une réincarnation dans une autre existence, ce qui nierait le caractère unique de notre existence.Elle est résurrection de la chair comme nous le proclamons dans notre « credo », la chair désignant la personne tout entière, corps et âme dans son unité et son intégralité.La chair qui ressuscite porte la marque de tout ce qu’un être humain a vécu au long de sa vie, dans la manière dont il s’est comporté vis-à-vis de Dieu, des autres, de lui-même.C’est bien cela que nous évoquons lorsque nous faisons mémoire de ceux qui nous ont quittés.Cette résurrection que la foi chrétienne reconnaît à Jésus sera un jour la nôtre, c’est celle de Marie que nous fêtons aujourd’hui en son Assomption

Marie de la terre

Les choses du ciel nous feraient-elles oublier les choses de la terre ? Non ! Fêter aujourd’hui Marie, chanter avec elle « magnificat » c’est comprendre que Dieu ne reste pas indifférent à notre vie terrestre et donc que nous-mêmes ne pouvons y rester indifférents.Marie la croyante : « Heureuse celle qui a cru ». C’est la démarche déterminante que reconnaît Élisabeth chez sa cousineUn cadeau est d’abord l’acte du donateur mais il n’est définitif que lorsqu’il a été reçu et accepté par le bénéficiaire. Le don unit l’un à l’autre d’une manière définitive.Marie est la première des croyantes. Elle donne l’exemple de la foi qui n’est pas un faire mais un recevoir. Renoncer à soi pour laisser faire Dieu en nous. Cette parole toute simple ! « Je suis la servante du Seigneur »La vie de Marie, c’est d’accomplir la volonté de Dieu.Jésus le rappelle quand sa mére et sa famille le cherchent. « Qui sont mes frères, ma mère ? Ceux qui font la volonté de mon Père » (Marc, 3, 35).Ce que le Christ voudra réaliser jusqu’au bout : « Père, non pas comme je veux, mais comme tu veux » (Mat 26,40).

Marie mère de l’Eglise

Dans l’évangile de Jean deux passages nomment Marie, mère de Jésus. Au début, à Cana ; « Ils n’ont plus de vin » ; Marie celle qui voit les besoins des hommes et intercède pour eux.Un autre passage, la mère de Jésus est au pied de la croix : « Elle se tenait debout ». Marie, celle qui offrira sa vie avec celle de son fils et qui devient notre mère : « Voici ton fils ».Autre passage au début des Actes des Apôtres. Marie à la Pentecôte soutient la foi des disciples pour l’élan missionnaire de l’Église, hier et aujourd’hui.Dans le « magnificat » sont mentionnés les puissants et les humbles, les riches et les pauvres. Réalités bien concrètes aujourd’hui dont tant de personnes, tant de pays se retrouvent victimes. Certains voudraient nous faire croire que c’est naturel, que c’est la fatalité.Dans son cantique Marie projette une autre lumière de salut et de libération. Il nous revient à tous et à chacun de les vivre personnellement et de les mettre en oeuvre dans nos divers engagementsL’eucharistie que nous célébrons dans la mémoire du Christ et de Marie nous en donne le désir, la joie et la force de commencer à les réaliser.

AMEN     J-M Roumégoux


☛ Fontaudin - 18ème dimanche - 2 août 2020

Matthieu  14, 13-21   

Jésus fatigué par ces journées harassantes où il est sollicité de toutes parts, bouleversé par l’annonce de la mort de Jean-Baptiste, se retire dans un endroit désert. Il est bien vite rattrapé par les foules  avides de sa parole et de guérisons

Saisi de compassion il enseigne et guérit.

A l’initiative des disciples un autre événement se prépare qui les marquera, qui a marqué les première générations et qui nous marque aujourd’hui et jusqu’à la fin des temps :

Le pain cadeau : pain de louange

Le pain rompu, pain du sacrifice

Le pain partagé, pain de l’unité

Le pain cadeau, pain de louange

Ce n’est pas pour rien que les gestes de Jésus à ce moment, le soir venu, sont les mêmes qui seront décrits le soir du Jeudi-saint et lors de la rencontre des disciples d’Emmaüs. Jésus prenait l’attitude du père de famille président un repas. Il n’y a pas de repas juif sans bénédiction du pain, sans « action de grâce à Dieu ». Le mot action de grâce se traduit en grec par « eucharistia ».

Le pain que nous mangeons est le fruit de la terre et du travail des hommes mais il est d’abord un don de Dieu. Le grain de blé en terre ne donnerait jamais un épi si Dieu ne lui accordait la croissance. La science et la technique risquent de nous faire oublier cette vérité élémentaire et nous savons que le travail des hommes ne suffit pas à nourrir tous les hommes. Pire il peut devenir instrument d’égoïsme et d’asservissement, destructeur de la dignité humaine.

Jésus bénissait Dieu pour le don de la nourriture quotidienne et nous a dit de demander à Dieu chaque jour notre pain quotidien.

Pain rompu, pain du sacrifice

A Emmaüs c’est au moment où Jésus rompt le pain et le donne aux disciples que ceux-ci le reconnaissent. Les premiers chrétiens appelaient l’eucharistie, la messe, la fraction du pain. Dans l’évangile de Jean on ne trouve pas le récit de l’institution de l’eucharistie  A la place il y a le récit du lavement des pieds. Mais tout le discours après la Cène est là pour expliquer, expliciter, le sens que Jésus donne à sa mort prochaine : son amour jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême, amour pour son Père du ciel et pour ses frères les hommes. La mort : la vie donné par amour.

Participer à l’eucharistie, c’est finalement offrir à Dieu le seul sacrifice qui lui agrée : l’acte d’amour de son Fils et l’offrande de notre vie pour le service de nos frères les hommes.

Le pain partagé, le pain de l’unité.

A chaque messe nous participons, par la communion, au corps ressuscité du Christ. Par lui nous nous retrouvons proches de tous nos frères les hommes. Communier nous engage pour aujourd’hui et pour demain. Grâce à  chacun il peut y avoir dans le monde, au sein de la multitude, un peu plus d’amour, de vie et d’unité.

Ce que nous vivons symboliquement et réellement nous devons le déployer dans tous les gestes concrets de notre vie quotidienne, famille, école, travail, quartier, engagements sociaux ou politiques. Dans chaque groupe auquel nous appartenons nous sommes appelés, quelle que soit l’attitude des autres, à bâtir un monde de frères, à travailler à une civilisation d’amour...

Devant l’immensité de la tâche, dans notre monde marqué par les divisions, les guerres, les injustices nous serions tentés de nous décourager.

« Nous n’avons que cinq pains et deux poissons » disent les disciples de Jésus. Choses dérisoires pour 5.000 personnes. « Tous mangèrent à leur faim».

L’impossible, avec Jésus devient possible et force. C’est notre foi et notre espérance.    AMEN

J-M Roumégoux